La nécessaire transition vers un tourisme durable en montagne

montagne durable

Place au temps de l’action, le tourisme durable en montagne doit désormais devenir le principal fil conducteur de toute stratégie touristique. La hausse de fréquentation constatée en raison des restrictions sanitaires a clairement rappelé que la montagne est un lieu d’activité libre, accessible et essentiel. La richesse de la montagne en est aussi sa fragilité. L’urgence climatique est aux premières loges en montagne et il est de notre devoir de socio-professionnels, d’acteurs du tourisme de montagne que de protéger ce patrimoine naturel pour qu’il puisse encore longtemps nous offrir ainsi qu’à notre clientèle, cet essentiel que nous avons tant recherché.

La montagne, tous responsables

Les bienfaits du confinement 

Depuis un an, le rayon kilométrique de la pratique des activités outdoor oscille tantôt entre 1 et 100 km à 10 km dernièrement. La montagne a accueilli une nouvelle clientèle motivée par une quête du vert, une proximité et le besoin de reconnecter sa nature avec celle de la montagne

La nécessité de renouer avec la nature et bien évidemment les retombées économiques sur les destinations sont des aspects positifs. Cependant, ces nouveaux arrivants ont contribué à une hausse de fréquentation et leurs empreintes ne sont pas sans conséquences sur la préservation de la faune et la flore.

Le confinement a néanmoins largement contribué à la prise de conscience de la place de l’humain au cœur de l’écosystème Terre. Outre les mobilisations collectives et marches pour le climat, des tendances scandinaves comme le plogging – profiter d’une session de jogging pour ramasser les déchets – ou encore le flygskam – avoir honte de prendre l’avion et contribuer ainsi au réchauffement climatique – ont éveillé de nouveaux comportements. En amont de la crise sanitaire, la jeune génération, à l’instar de Greta Thunberg, s’engage depuis 2018 pour le climat. Une potentielle nouvelle clientèle qui semble d’ores et déjà « faire sa part » au niveau de la responsabilité climatique

Les acteurs de la montagne, modèles d’exemplarité

Le tourisme durable à la montagne est une question majeure de la stratégie touristique antérieure à la crise. Cette transition nécessaire bénéficie aujourd’hui du contexte idéal pour enfin passer à l’action. En fixant des objectifs à court, moyen et long terme sur des mesures SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalisables, Temps), les acteurs de la montagne par leurs connaissance et expérience du terrain tiennent désormais le premier rôle en tant que protecteurs de leur environnement et en tant que guides auprès de la clientèle.

Afin de réussir cette transition écoresponsable, nous devons faire preuve de résilience, se justifier n’est plus envisageable. Le tourisme durable est intrinsèque aux activités de montagne, cette caractéristique a juste été trop oubliée. L’intégration du durable dans l’offre touristique du domaine de la montagne est légitime.

Découvrir la montagne autrement grâce au tourisme durable 

La transition vers le tourisme durable en montagne ne peut qu’insuffler une nouvelle dynamique dans la gouvernance des stations et destinations de montagne

Aussi pour que la transition soit effective, le tourisme durable ne pourra être attractif que par le biais de fondations solides grâce à une stratégie collective qui ancre durablement la nouvelle image de destination. Cette stratégie collective implique : les infrastructures, l’adaptation et la planification ou encore la valorisation du patrimoine local.

Les infrastructures

Les destinations de montagne doivent :

  • disposer d’infrastructures qui permettent un équilibre entre protection de la montagne et activités
  • aborder les questions de réhabilitation des stations, de l’équipement des structures d’accueil ou logements proposés à la location avec des chaudières bi-énergie ou biomasse avec les collectivités, par exemple,
  • répondre à la problématique des émissions de CO2 par la mobilité propre avec des solutions de covoiturage, de transports en commun par la mise en place de navettes de bus depuis les gares. Le retour des trains de nuit est en soi une amorce de cette transition. 

Adaptation et planification

La nature manifeste à tout instant sa capacité d’adaptation. Cela ne peut que nous encourager à reproduire le schéma en tant qu’acteurs de destination et de proposer :

  • d’établir un agenda d’activités selon les saisonnalités et disposer ainsi d’un catalogue d’activités adapté aux besoins d’une nouvelle clientèle, 
  • de respecter le rythme de la faune et flore de montagne et restreindre certains accès lors des périodes de nidification, par exemple.

L’offre touristique est ainsi étalée dans le temps.

Valorisation du patrimoine local

Le patrimoine local est un formidable atout dans la transition durable. Il contribue à l’économie locale, mais inscrit également le tourisme de montagne dans un ensemble plus large et sensibilise la clientèle par :

  • la rencontre d’artisans et de locaux selon les initiatives,
  • la dégustation et l’achat de produits locaux
  • des activités et échanges dans des fermes pédagogiques.

Ce qui contribue largement à un tourisme plus responsable.

Le tourisme durable comme critère qualité indissociable de la destination montagne

Les certifications telles que les normes ISO ou encore Flocon Vert sont des empreintes déjà visibles d’une conscience écologique à la montagne

Les initiatives communes telles que les projets européens ou frontaliers valorisent également la protection de la destination montagne.

La transition sera aussi renforcée par une ouverture à des domaines que l’on pourrait penser bien trop éloignés du tourisme de montagne, mais à haute conscience écologique pouvant se révéler force de proposition. Le tourisme durable n’est qu’une partie d’un ensemble : le rapprochement des acteurs avec des laboratoires de recherche, de développement et d’innovation ne sont que des apports complémentaires à la transition et sauront lui donner toute sa valeur et sa résonance.

Le prochain Salon de la Montagne qui se tient les 9 et 10 juin 2021 peut notamment présenter les opportunités de ce type de collaboration. Rédactrice Nomade y sera présente et partira à la rencontre de porteurs d’initiative durable.


Le tourisme durable n’est donc pas seulement une transition à l’échelle du tourisme de montagne uniquement, il fait partie intégrante d’un écosystème plus global qui nous implique tous, au-delà de nos profils de socio-professionnels, prestataires, clients. La transition devient un état d’esprit collectif lorsque son champ d’action s’étend, c’est ainsi que la montagne est protégée et qu’elle demeure durablement notre essentiel.

Aurélie Trapp, rédactrice web.

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