12 étapes pour rendre votre hébergement touristique éco-responsable

hébergement éco-responsable

Éco-hôtels, écogîtes, écolodges, écovillages, mais également chambres d’hôtes, refuges, campings verts… l’écotourisme est en pleine expansion. En mars 2021, dans une enquête IFOP(1), 40 % des Français ont déclaré être prêts à payer leur séjour plus cher afin de voyager de manière responsable. Mais pour 80 % d’entre eux, c’est aux professionnels du tourisme de s’occuper de la réduction de leur impact sur l’environnement.

Vous souhaitez vous engager vous aussi dans cette démarche et rendre votre hébergement plus éco-responsable ? Retrouvez ci-dessous 12 étapes pour impacter directement la préservation de l’environnement. Vous pourrez ainsi offrir à vos clients le meilleur cadre possible pour passer un séjour éco-responsable dans votre location de vacances et dans votre région.

Quels travaux réaliser pour rendre votre hébergement éco-responsable ?

Que vous souhaitiez créer, rénover, agrandir un hôtel, un gîte, un refuge, la première étape sera bien sûr de commencer par travailler sur la structure du bâtiment en lui-même.

De plus en plus d’aides au financement sont mises en place pour soutenir les différentes initiatives permettant de réduire les impacts environnementaux du tourisme : crédits d’impôts, Fonds de soutien à l’émergence de projets dans le tourisme durable, aides de certains Conseils généraux et régionaux (variables d’un département et d’une région à l’autre). Renseignez-vous avant de commencer les travaux pour remplir les conditions requises.

1. Isoler son logement pour réduire la perte d’énergie

Bien isoler son logement est la priorité de tout hébergement éco-responsable. 30 % des déperditions de chaleur s’effectuent par le toit et les combles, 25 % par les murs et 13 % par les fenêtres(2). Une bonne isolation aura donc un impact considérable sur votre consommation d’énergie et sur le confort de vos locataires.

Dans un premier temps, avant de se lancer dans de gros travaux, voici déjà un premier geste simple, rapide à mettre en place et peu coûteux : calfeutrez les fuites d’air autour des ouvertures (porte d’entrée, fenêtres) à l’aide de bandes isolantes en mousse ou mettez des boudins aux portes et aux fenêtres pour empêcher la chaleur de sortir en hiver et d’entrer en été.

Ensuite, selon votre habitat, il faudra peut-être :

  • Isoler le toit

Le toit étant le premier poste de déperdition de chaleur, il est primordial de bien l’isoler. Pour cela, vous pourrez poser des panneaux isolants en laine de bois ou chanvre, entre les chevrons de la toiture. Un freine vapeur permettra ensuite d’assurer une étanchéité optimale.

Si vous avez des combles, il ne faudra pas oublier de bien les ventiler en été (avec un système de VMC double flux par exemple) pour pouvoir les aérer et faire descendre la température et garder plus de fraîcheur en journée.

  • Isoler les murs

Vous devrez tout d’abord choisir si vous voulez isoler votre logement par l’intérieur ou l’extérieur avant de définir quel isolant choisir. Il existe de nos jours une grande variété d’isolants écologiques parmi lesquels choisir : fibre de bois, liège, cellulose, paille, laine de mouton, thermofloc, chanvre, etc. Vous pourrez trouver plus de détails sur les techniques et matériaux sur https://www.terrevivante.org/485-bien-isoler-ses-murs.htm

  • Rénover vos fenêtres ou les remplacer

Si vos fenêtres sont toujours en bon état mais que vous sentez l’air passer malgré tout, vous pouvez améliorer leur étanchéité en changeant seulement les joints de compression. 

Si vous devez les remplacer, les fenêtres en bois sont les plus écologiques. Le bois est un très bon isolant et il donne un aspect beaucoup plus naturel. Il demande cependant un peu plus d’entretien. Vous pouvez aussi choisir des fenêtres hybrides avec une structure en bois et un capotage extérieur en aluminium qui protège le bois et facilite donc leur entretien. Éviter si possible le PVC qui, bien qu’un bon isolant, est un matériau polluant.

Pensez également à la dimension des fenêtres : plus elles sont grandes et plus elles laisseront entrer de lumière naturelle. Vérifiez aussi la transmission lumineuse de la vitre que vous choisirez. Celle d’un double vitrage classique est de 75 % ce qui veut dire qu’un quart de la luminosité du soleil est perdue quand la lumière passe à travers la fenêtre. Cela peut donc jouer sur l’éclairage de votre logement et donc sur votre consommation d’électricité.

2. Choisir des sources d’énergie renouvelables

Si ce n’est pas déjà fait, commencez par choisir un fournisseur d’électricité verte. Face au fort développement de ces offres et à leur définition parfois floue voire trompeuse, Greenpeace France a publié un guide de l’électricité verte qui classe les fournisseurs d’électricité selon leurs approvisionnements et leurs investissements dans les énergies renouvelables et non renouvelables. En tête de liste on retrouve Enercoop et Planète Oui.

Si votre logement est une maison, différents moyens s’offrent à vous pour diminuer le recours aux énergies fossiles : installez sur votre toit des panneaux solaires ou de petites éoliennes domestiques verticales (elles fonctionnent par vent faible et n’émettent aucun bruit rassurez-vous !). Elles viendront alimenter vos radiateurs ainsi que les autres objets électriques de votre foyer.

Pour le chauffage, le bois est l’énergie la moins chère. De plus, il s’agit d’une énergie renouvelable et bien souvent produite en France. Selon l’étendue des travaux que vous souhaitez faire, vous pouvez opter soit pour une chaudière à bois, qui est un système de chauffage central, soit pour l’installation d’un poêle à bois dans la pièce de vie de votre logement. Vous pouvez aussi installer une pompe à chaleur géothermique qui captera la chaleur des sols pour la diffuser dans votre logement.

3. Utiliser des enduits et peintures écologiques

Il existe des peintures écologiques et des enduits naturels (terre, chaux et plâtre) qui sont moins polluants et donc moins toxiques pour vous, vos clients et la planète. Et ils ont une aussi grande voire plus grande durée de vie ! Les résines pétrochimiques sont remplacées par des résines végétales ou minérales (argile, chaux, huile végétale, caséine, huile de lin) et la couleur est obtenue grâce à des pigments minéraux extraits d’ocres, d’argiles ou encore de terres colorées.

En plus des matériaux, réfléchissez aussi aux couleurs utilisées. Une pièce avec un plafond et des murs blancs est plus lumineuse. Si vous voulez utiliser de la couleur, optez pour des couleurs claires, au moins sur les murs face aux fenêtres. Cela permettra à la lumière naturelle de s’y refléter et illuminera votre intérieur, réduisant ainsi le besoin en éclairage artificiel.

4. Choisir des revêtements de sols écologiques

Le parquet est le revêtement le plus écologique. Il faut cependant faire attention à son essence (le type de bois utilisé et sa provenance), et la pose (colle). Choisissez de préférence des parquets de bambou, de chêne, de pin des landes, de châtaignier ou des dalles de liège… plutôt que des parquets stratifiés ayant nécessité beaucoup de transformation.

Enfin le linoléum (à ne pas confondre avec le “lino” qui est un rouleau PVC) est également un bon choix puisque c’est un revêtement 100 % naturel et recyclable : il se compose de craie, de résine, de pigments naturels, de jute, de poudre de bois, d’écorce de liège et d’huile de lin.

Évitez par contre les moquettes. Elles peuvent désormais être en fibres naturelles mais elles ne sont toujours pas recyclables. Le carrelage quant à lui consomme beaucoup de ressources et d’énergie pour sa conception.

Comment équiper votre hébergement touristique de manière éco-responsable ?

À l’intérieur de votre logement, il y a ensuite de nombreuses optimisations qui peuvent être mises en place.

5. Réduire la consommation d’eau

Selon l’ADEME(3), un Français consomme environ 143 litres d’eau par jour. Cependant, ce chiffre augmente à 230 litres d’eau sur leur lieu de villégiatures(4). L’attention se relâche pendant les vacances, les touristes prennent plus de douches pour rincer le sable, le chlore… Cela peut donc avoir un impact sur l’environnement et sur votre budget.

La priorité : remplacer le pommeau de douche. Une douchette économe peut vous permettre d’économiser jusqu’à 75 % d’eau(3) et par la même occasion le chauffage de cette eau.

Ensuite, remplacez les mousseurs des robinets de la cuisine et de la salle de bain par des régulateurs de jet. Ceux-ci permettent de garder un débit agréable tout en réduisant de 30 à 50 % la quantité d’eau utilisée(3).

Pour ce qui est des WC, installez un économiseur d’eau dans votre réservoir. Il existe différents systèmes qui permettent de réduire le volume d’eau sans perte d’efficacité de la chasse.

Si vous avez un petit lavabo dans vos WC ou s’ils sont dans votre salle de bain, vous pouvez aussi installer un système qui permet de connecter l’évacuation du lavabo au réservoir de la chasse d’eau.

Enfin, si vous avez un jardin, n’oubliez pas d’installer des bacs de récupération d’eau de pluie pour l’arroser.

 6. Réduire la consommation d’électricité

L’éclairage représente environ 13 % de la consommation électrique d’une maison par an pour un ménage. Le choix des ampoules est donc important. De préférence, utilisez principalement des ampoules à basse consommation, surtout dans les pièces de vie. Même si elles coûtent un peu plus cher, leur durée de vie est 6 à 7 fois supérieure et elles permettent d’économiser 75 à 80 % d’énergie(5).

Si vous avez un long couloir sombre, voyez si vous pouvez faire installer un puits de lumière naturelle pour éviter d’allumer vos luminaires même en pleine journée.

Sur votre chauffe-eau, l’ADEME recommande de régler la température de consigne à 55-60°C (pas moins par contre pour éviter la prolifération de bactéries).

En ce qui concerne l’électroménager, 2 solutions s’offrent à vous :

  • Les appareils d’occasion : cela permet de réutiliser un appareil existant et en état de marche sans créer de nouvelle demande. Ces produits étant plus anciens, ils peuvent cependant consommer un peu plus.
  • Les appareils neufs mais plus économes : fiez-vous à leur note énergétique pour choisir le meilleur. Attention, depuis le 1er mars 2021, une nouvelle étiquette énergétique a été introduite en plus de l’étiquette actuelle.

Si vous le pouvez, choisissez une plaque de cuisson au gaz car elle consommera deux fois moins d’énergie qu’une plaque à induction. Par contre, il vaut mieux acheter une plaque à induction qu’une plaque électrique classique ou une vitrocéramique car elle consomme 20 à 25 % d’énergie en moins(6).

Enfin, n’oubliez pas d’installer des multiprises à interrupteur pour permettre facilement à vos locataires, et à vous même entre deux locations, d’éteindre tous les appareils en veille. Cela peut permettre de faire jusqu’à 10 % d’économie sur sa facture d’électricité(7).

7. Choisir son mobilier et sa literie

Meublez votre logement avec du mobilier chiné, d’occasion et/ou en bois brut, issus de forêts renouvelables, plutôt que des meubles pas chers mais polluants et non réparables.

Investissez dans une literie naturelle et/ou bio. Préférez les matelas en latex 100 % naturel. Ils sont à la fois plus confortables (dense et souple), plus résistants et ils possèdent des qualités antiacariennes et antibactériennes. Ils sont également issus d’une ressource renouvelable : le lait d’hévéa.

Si vous fournissez les draps, choisissez-les en matières naturelles : coton bio, lin, chanvre… Vous pouvez aussi acheter votre linge de lit d’occasion : La marque Du Beau Linge achète le linge réformé auprès d’établissements hôteliers, le trie et le valorise.

N’oubliez pas de mettre à disposition suffisamment de couettes, couvertures et plaids pour que vos hôtes puissent baisser le chauffage la nuit.

8. Équiper sa cuisine de façon éco-responsable

Achetez votre vaisselle d’occasion en brocante ou chez un artisan local que vous pourrez promouvoir à vos clients.

Choisissez des casseroles et des poêles en inox car elles permettent une cuisson saine des aliments et elles sont beaucoup plus robustes ! Même si c’est un investissement au départ, il sera rentabilisé sur la durée.

Achetez des ustensiles en bois plutôt qu’en plastique ou silicone, ils seront plus écologiques et plus sains.

Une cafetière à l’italienne ou une machine à café filtre (avec un filtre lavable) permettra à vos locataires de faire de bons cafés pendant leur séjour sans générer de déchets avec des capsules peu ou mal recyclées.

Enfin, pour aider les clients à garder leurs bonnes habitudes en vacances et pour leur éviter d’emmener tous leurs accessoires zéro déchet avec eux, n’oubliez pas de mettre à disposition :

  • des contenants durables pour garder les restes, acheter en vrac, emporter en pique-nique (bocaux, boîtes en verre ou Tupperware, etc.)
  • des sacs de courses en tissus pour les achats en vrac et des tote bags pour ramener le tout
  • des gourdes que les clients pourront emporter dans leurs promenades quotidiennes.

Vos clients ne pourront qu’être sensibles à toutes ces attentions pour leur faciliter la vie pendant les vacances. Sans compter que cela pourra aussi considérablement alléger leurs valises et donc leur empreinte écologique puisque plus une voiture est chargée, plus elle émet de CO2(8).

9. Proposer des produits d’entretiens naturels

Mettez à disposition de vos clients des produits d’entretien bio, achetés en vrac ou fait maison. Il suffit d’avoir du bicarbonate de soude, du vinaigre, du savon noir pour faire tous vos produits de nettoyage. Vous pouvez si vous le souhaitez ajouter ensuite quelques gouttes d’huiles essentielles pour les parfumer.

10. Encourager le recyclage et la réduction des déchets

Réduire les déchets est sans aucun doute l’un des enjeux majeurs de l’écotourisme.

Il est donc primordial de sensibiliser et d’accompagner les visiteurs de votre logement au tri des déchets qu’ils vont générer pendant leur séjour.

Voici comment les y aider :

  • Mettez à disposition des poubelles de tri dont un bac pour les déchets organiques si vous avez un composteur dans votre jardin.
  • Pour les déchets non recyclables, non organiques, proposez des sacs poubelles biodégradables.
  • Indiquez si l’eau du robinet est potable et proposez un système filtrant pour éviter l’achat de bouteilles d’eau.
  • Dans la salle de bain, proposez des contenants de shampooing / savon liquide rechargeables ou des produits solides.

11. Informer ses clients

N’hésitez pas à mettre à disposition de vos clients, un classeur regroupant les informations suivantes :

  • les gestes simples et éco-responsables dans votre hébergement ;
  • les points de recyclage les plus proches pour les déchets qui ne sont pas collectés sur place ;
  • les endroits et horaires des marchés de producteurs ;
  • les commerces de produits locaux (nourriture, artisanat…) pour que toute la communauté locale bénéficie de vos visiteurs ;
  • les boutiques bio et/ ou de vrac ;
  • les loisirs et activités nature des environs ;
  • des informations sur la faune et la flore locales.

12. Encourager les transports doux

Prévoyez un espace sécurisé pour que vos locataires puissent garer des vélos. Vous pouvez même leur en mettre à disposition ou à la location vous-même. Cela leur permettra des déplacements en mode doux une fois sur place.

Vous voici donc prêt à concrétiser tout cela dans votre hébergement ! Pour la prochaine étape, Rédactrice Nomade est là pour vous accompagner de nouveau. Découvrez nos articles : Label tourisme durable : un atout pour votre offre touristique ! et 5 plateformes d’hébergements éco-responsables pour des séjours plus durables pour valoriser vos efforts et les rendre visibles aux yeux des touristes. N’hésitez pas également à nous contacter si vous avez besoin d’aide pour rédiger votre site et mettre en avant votre démarche éco-responsable.

Article rédigé par Caroline Villatoro, rédactrice web SEO.

Sources :

(1) Sondage réalisé par l’Ifop pour les Rencontres du Tourisme Durable en Mars 2021,

(2) https://www.terrevivante.org/485-bien-isoler-ses-murs.htm

(3) Rapport ADEME : Eau et énergie : quelles consommations ?

(4) https://www.cieau.com/le-metier-de-leau/ressource-en-eau-eau-potable-eaux-usees/quels-sont-les-usages-domestiques-de-leau/

(5) https://energie.cdiscount.com/comprendre-energie/suivre-sa-consommation/mes-sources-de-consommation

(6) https://www.quechoisir.org/conseils-economies-d-energie-comment-consommer-moins-d-energie-en-cuisinant-n10733/#:~:text=Point%20rapide%20du%20c%C3%B4t%C3%A9%20 du%20 rayon%20des%20 cuisini%C3%A8res.&text=Une%20 plaque%20de%20 cuisson%20%C3%A9lectrique,une%20 plaque%20classique%20(1)

(7) https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/maison/economies-denergie/20-solutions-reduire-consommation-delectricite

(8) https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-vive-les-vacances.pdf

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